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Ahare Mot (5768)

Dédié à la hatsla’ha de Yossef ben Méïr Belhassen

Voila, Pessa’h arrive et comme d’habitude le peuple d’Israël va réaliser les plus grandes choses, en l’occurrence sortir d’Egypte, en s’asseyant à table et en respectant un ordre précis, un séder.

Les différentes étapes de ce séder constituent des panneaux indicateurs en ce qui concerne la marche à suivre pour sortir de son Egypte personnel, c'est-à-dire les problèmes de l’existence. Nous vous proposons donc de les étudier à deux niveaux : premièrement en énonçant les données halakhiques de base de chaque étape – la lettre- et deuxièmement en analysant les symboles et allusions contenues dans les mitsvot du séderl’esprit.

1) KADESH/RECITER LE KIDOUSH

La lettre  : Cette année, étant donné que Pessa’h commence à la sortie du Chabat, nous introduisons la Havdalah dans le Kidoush. On commence celui-ci comme d’habitude mais avant la dernière bénédiction de chéhé’héyanou on récite la bénédiction  boré méoré haech  sur les bougies de la fête suivie de la bénédiction de la Havdalah qui se termine exceptionnellement par les mots  hamavdil ben kodesh lé kodesh . On finit avec  chéhé’héyanou  en pensant à acquitter aussi la matsa et le maror. On devra obligatoirement boire les quatre coupes de vin en étant accoudé sur le côté gauche et en avalant une grosse gorgée en une fois (la quantité est de 8.6 cl). Entre chaque coupe on rincera son verre avec de l’eau.

L’esprit  : Dans chaque projet on commence par déterminer le but recherché. Sortir d’Egypte, recevoir la Torah et rentrer en terre d’Israël ne sont pas des fins en soi mais les moyens d’arriver à la kédousha/la sanctification. Se sanctifier signifie se séparer, vivre différemment. Et en effet, la loi juive nous fait vivre, boire, manger, nous habiller et dormir différemment. Cette différence lorsqu’elle est respectée permet justement le dévoilement de la présence divine dans notre vie quotidienne, car telle est la raison pour laquelle Ha-shem a créé le monde : vivre avec nous. C’est quand on ne respecte pas cette différence, notamment dans la pureté des comportements intimes qui représente l’essentiel de la kédousha, que l’on rentre dans le monde de l’esclavage, celui de la pression sociale, des dettes et des souffrances psychologiques et physiques, D-ieu nous en préserve. Alors en cette merveilleuse soirée de libération, on s’arrête et on repose les bases de notre existence en récitant avec ferveur le Kidoush.

2) OUR’HATS/SE LAVER LES MAINS

La lettre  : On se lave les mains avec un kéli trois fois sur la main droite puis trois fois la gauche afin d’avoir les mains pures pour l’étape suivante. En effet si nos mains étaient impures, cette impureté se transmettrait sur le céleri par l’intermédiaire de l’eau dans lequel on le trempera. On ne récite pas de bénédiction sur cette première ablution.

L’esprit  : Celui qui a décidé de se sanctifier doit savoir qu’il ne pourra pas avancer en se contentant seulement de ressentir l’envie d’avancer. La sanctification commence par l’action, symbolisée par les mains qu’on purifie avec de l’eau. Cette eau représente non seulement la pureté mais aussi l’étude de la Torah qui contient le mode d’emploi des actions juives. L’étude de la Torah a le pouvoir de nous faire changer réellement. Rabbi Na’hman enseigne que même celui qui est encore ancré dans de mauvaises actions sans trouver la force de changer, s’il suit parallèlement des cours de Torah régulièrement, il finira par se sanctifier lui aussi de la même manière que l’eau sanctifie nos mains.

3) KARPASS/CELERI TREMPE

La lettre  : On prend un petit morceau de cèleri de moins de 10 grammes qu’on trempe dans de l’eau salée ou du vinaigre et on récite dessus la bénédiction boré péri haadama en pensant à acquitter le maror (salade verte) qu’on consommera plus tard. Il vaut mieux utiliser la tige du cèleri car elle est moins susceptible de contenir de petits insectes. Bien sûr on l’aura auparavant rincée et vérifiée ainsi que les feuilles de salade du maror. A noter que cette année, le rinçage et la vérification doivent être faits le vendredi avant Chabat. On mange le karpass sans s’accouder.

L’esprit  : Le karpass est un petit morceau de légume, un aliment sans gloire et sans valeur spéciale, symbole de la patience. Nous apprenons de lui que celui qui veut se sanctifier ne doit pas rechercher d’emblée le grand frisson et les perceptions spirituelles raffinées. Il doit plutôt se satisfaire de ce qu’il est capable de faire aujourd’hui, même s’il n’a pas encore un haut niveau. Qu’il sache que D-ieu est extrêmement satisfait de ce qui lui semble être de petits efforts par rapport aux « religieux confirmés ». Celui qui veut tout de suite faire de grandes choses, gloire et valeur spéciale, ne tiendra pas longtemps sur la route de la sanctification car il finira par se décourager. Alors satisfaisons-nous pour l’instant d’un petit morceau de cèleri, c’est le meilleur moyen d’arriver jusqu’au bon repas.

4) YA’HATS/COUPER LA MATSA DU MILIEU EN DEUX

La lettre  : Il y a trois matsot sur le plateau du séder, on prend celle du milieu et on la brise en deux morceaux inégaux. Le plus grand est caché ou mis de côté selon les habitudes et il sera consommé à la fin du repas en tant qu’afikomane.

L’esprit  : Un des éléments essentiels sur la route vers la sanctification est la brisure. Premièrement parce qu’il faut se couper de comportements et de façons de penser qui représentaient l’essentiel de notre personnalité, ceci peut être en-soi un traumatisme. Deuxièmement parce que le fait d’améliorer ses actions ne constitue absolument pas dans un premier temps une garantie que tout va se passer comme on le désire. Rabbi Na’hman enseigne que D-ieu commence d’abord par nous tester afin de voir si l’on veut vraiment se rapprocher de Lui. Une graine, avant de devenir plante, passe sous terre par une phase de pourrissement. Elle se brise et se décompose mais c’est pour son plus grand bien. Pensons-y lorsque nous briserons la matsa.

5) MAGUID/RACONTER LA HAGADDAH

La lettre  : Profitons de ce Chabat pour préparer la Hagaddah afin de nous entretenir le plus possible de la sortie d’Egypte et la raconter en la décorant de commentaires et d’histoires. Il faudra la réciter à haute voix et avec joie, en chansons. La mitsva essentielle du récit de la sortie d’Egypte consiste à la raconter aux enfants. Surtout n’oublions pas de manger la matsa et de boire le vin en étant accoudés sur le côté gauche.

L’esprit  : Raconter, parler. Les sages enseignent que le peuple d’Israël n’a de force que dans la bouche. D’ailleurs Pessa’h peut se décomposer en deux mots : Pé/la bouche, Sa’h/qui parle. Inversement Pharaon/Par’o fait allusion à Pé/la bouche, Ra’/mauvaise. De la même manière qu’une relation humaine ne se libère que lorsqu’on communique, notre relation avec D-ieu ne prend sa pleine ampleur que lorsqu’on parle de Lui en étudiant la Torah et lorsqu’on Lui parle en priant et en Le louangeant. Rabbi Na’hman nous enjoint de parler à D-ieu régulièrement dans notre langue maternelle, c’est le meilleur moyen de se rapprocher de Lui.

6) RO’HTSA/DEUXIEME LAVAGE DES MAINS

La lettre  : Avec un kéli, trois fois sur la main droite et trois fois sur la main gauche mais cette fois ci avec la bénédiction ‘al nétilat yadaïm.

L’esprit  : Nous progressons et c’est normal. La sanctification a lieu grâce à la pratique (les mains), la Torah (l’eau) et, nouvelle invitée, la prière (bénédiction). Quand ces trois facteurs sont réunis, la délivrance commence à poindre sérieusement.

7) MOTSI-MATSA/MANGER LA MATSA

La lettre : Le chef de famille prend les trois matsot dans la main et récite les deux bénédictions amotsi lé’hem min haarets et ‘al akhilat matsa. Il prend une quantité d’un cazaït de la matsa d’en haut et un cazaït de la matsa du milieu et commence à les manger accoudés. Après avoir goûté il donne un petit morceau de chaque galette aux convives ainsi qu’un sac préparé vendredi et contenant deux cazaïtim de matsa. Il faut manger obligatoirement accoudé, sans parler car c’est dangereux, en moins de huit minutes. Les dernières études démontrent qu’un cazaït correspond à 11 grammes de la galette ronde et fine.

L’esprit  : La différence essentielle entre la matsa et le pain habituel, le ‘hamets, réside dans l’air. L’air qui fait gonfler la pate est neutralisé pendant Pessa’h car il représente l’orgueil, telle l’expression se gonfler d’orgueil. Il n’y a pas de différence de poids entre les deux mais la matsa a cet avantage de correspondre exactement au volume de pâte qu’on avait enfourné. Autrement dit la consommation de la matsa nous permet de voir les choses telles qu’elles sont, sans tomber dans le piège de l’illusion de ce monde matériel ou l’orgueil humain voile la présence de D-ieu, comme si l’homme était le maître du monde. Cette illusion entraîne l’être humain dans la spirale d’un esclavage dont les asservisseurs ont pour nom : pression sociale, argent et plaisirs immédiats. Les sages appellent la matsa le pain de la connaissance/da’at et le pain de la foi/émouna. C’est ce qu’on désirera obtenir lorsqu’on mangera la galette de Pessa’h.

8) MAROR/HERBES AMERES

La lettre : On mange sans s’accouder un cazaït de salade verte qu’on trempe dans un peu de ‘harosset en récitant la bénédiction ‘al akhilat maror. Le cazaït correspond à un peu moins que deux grandes feuilles de laitue. On ne doit pas mettre la ‘harosset au point qu’elle dépasse le goût de la salade.

L’esprit  : Le maror nous rappelle les herbes amères c'est-à-dire nos souffrances et nos problèmes. Maintenant que nous avons consommé le pain de la connaissance, la matsa, nous avons encore progressé car nous avons la force de transformer la brisure en réparation et l’obscurité en lumière selon le principe que tout peut se transformer en bien (d’ailleurs elle n’est pas si amère que ça cette laitue). Se rappeler des herbes amères, c’est justement pour décider de ne plus jamais souffrir en nous attachant à D-ieu grâce à la sanctification. Pensons-y lorsque nous mangerons le maror.

9) KOREKH/SANDWICH DE LAITUE

La lettre : On met un cazaït de laitue à l’intérieur d’un cazaït de la troisième matsa et on trempe le tout dans la ‘harosset. Avant de consommer ce sandwich en étant accoudé, on dira la formule suivante : « zékher la mikdach ké Hillel hazaken ».

L’esprit  : Ce mélange des deux aliments, l’un ayant un aspect positif et l’autre un aspect négatif, nous rappelle que même si nous avons énormément progressé, nous ne sommes pas encore parfaits. Trop de personnes s’arrêtent en chemin sans s’en apercevoir parce qu’elles ont atteint un bon niveau. Elles créent alors un système routinier, parsemé de jalons rassurants, et ne se remettent plus en question. Un jour où l’autre elles retombent dans un esclavage à l’apparence religieuse et souffrent comme avant. Le korekh nous rappelle qu’un être humain ne doit jamais croire qu’il est arrivé. D-ieu n’est pas limité, par conséquent notre recherche et notre progression non plus. A ce sujet nos sages ont enseigné que la finalité de la connaissance est de savoir qu’on ne sait pas. Une telle démarche spirituelle nous donne la clef qui ouvre la porte du grand repas.

10) CHOUL’HAN ‘OREKH/LA TABLE DRESSEE

La lettre : Manger le repas dans les chants et la joie en ayant des invités, de préférence des gens dans le besoin. Celui qui mange accoudé est digne de louanges mais ce n’est pas obligatoire. On doit laisser de l’appetit pour la consommation du dernier cazaït de galette : l’afikomane. Le premier soir il est interdit de manger le zéroa’ (l’os qui est sur le plateau).

L’esprit  : Le repas fait allusion aux délices du monde futur qui nous attendent. Plus près de nous, il est le symbole des merveilleux moments de l’existence, ceux qui justifient tous nos efforts et nous font oublier nos peines, qui nous donnent les réponses. Car avec un peu de patience et une bonne démarche de tels moments se multiplient et font de la vie une expérience qui vaut la peine d’être vécue. Alors mangeons, buvons et chantons comme les hommes libres que nous sommes devenus ce soir. Néanmoins il ne faut pas oublier l’afikomane

11) TSAFOUN/CONSOMMATION DE L’AFIKOMANE

La lettre : Le chef de famille consomme accoudé un cazaït de la grande partie de la matsa du milieu qu’on avait caché ou retiré. Il distribue un petit morceau de cette afikomane à chacun des convives avec un petit sachet déjà prêt contenant un cazaït de matsa. On n’aura plus le droit de boire ou de manger après l’afikomane sauf les dernières coupes de vin et de l’eau si besoin est, afin de terminer la soirée en gardant le goût de l’afikomane à la bouche.

L’esprit  : Afiko/sortez, mane/moi. Cette chose cachée qui a pu se dévoiler grâce au processus de sanctification, c’est le moi authentique. Il n’y a pas de plus grande liberté que celle d’être soi-même, débarrassé des pressions en tout genre et libre de vivre avec D-ieu.

12) BAREKH-HALLEL/BENEDICTIONS DU REPAS ET LOUANGES

La lettre : Fin des prières avec le birkat hamazone pour remercier D-ieu du repas et le hallel pour Le louanger pour tous les miracles qu’il nous a fait.

L’esprit  : La bénédiction du repas est une prière qui relate le fonctionnement naturel du monde grâce auquel D-ieu me nourrit. Le hallel raconte le fonctionnement surnaturel du monde, le miracle. Maintenant que nous avons atteint la connaissance de l’homme libre, nous sommes capables de nous apercevoir qu’en vérité, tout n’est que miracle. D-ieu est infiniment bon et Il nous aime. Emplis de cette conscience nous Le remercions.

13) NIRTSA/ACCEPTATION DES PRIERES

L’esprit et la lettre : on se souhaite d’être l’an prochain à Jérusalem et on se réjouit car nos prières ont été acceptées par D-ieu.

 

PESSA’H KASHER VE SAMEA’H



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